Votre Univers
2023-
당신만의 세계
J'ai glissé, à mon insu, de la contemplation des horizons à l'immersion dans leur tissu. Ce n'était plus la Nature, objet extérieur figé, que j'affrontais, mais le prisme sans cesse vibrant de mon propre intime devant elle. Le paysage a cessé d'être une cible ; il est devenu le réceptacle furtif de l'émotion, le gîte éphémère où ma conscience choisit de sommeiller. Ce travail n'est pas un lexique pour déchiffrer le monde, mais la quête fragile pour capter les micros-tremblements nés au seuil du contact.
Des fragments d'émotion que le langage n'atteint pas, d'une intuition antérieure aux mots, une question s'est dressée : Que boivent mes yeux, à cet instant précis ? Est-ce la pure ligne du monde, ou le voile de mon sentiment tissé par-dessus ? L'univers du dehors et celui du dedans ne sont-ils pas des rives illusoires, déjà mêlées, dès la première aube ? Cette énigme n'appelait nulle réponse tranchée, elle m'invitait plutôt à l’immobilité.
L'eau s'est faite la scène la plus limpide de cette incertitude. Elle n'embrasse aucune forme pérenne ; elle est une danse de reflets, d'échos et de distorsions incessantes. L'arbre et le ciel capturés à sa surface sont vérité et chimère. C'est à cette frontière liquide que mon regard s'est ancré. Le miroir de l'eau n'est pas une fidélité au réel ; il est le sismographe de mon être percevant, de mon âme interprétant. Ici, l'eau est la texture du décor, le velours de mon miroir intérieur, une pellicule ténue où l'éveil et l'ombre se frôlent.
Je n'espère pas sceller de vérité définitive à travers ces clairs-obscurs. Je choisis plutôt la fidélité à la question, le pas de côté. La fusion est consommée : qui regarde à travers qui ? Le paysage me révèle-t-il, ou est-ce ma présence qui enfante le paysage ? L'œuvre ne respire que dans cette moiteur du vague.
Seule certitude : ces clichés ne sont pas un traité sur le monde, mais un état : une plongée, une trépidation, puis un souffle d'équilibre précaire. Je me tiens dans cet entre-deux. Ces images sont peut-être le sillage de moi-même, un récit qui demeure délibérément inachevé, refusant toute clôture.
Je poursuis mon murmure.
Ce paysage est-il mon propre nom ?
Et jusqu'où puis-je me dissoudre en lui ?
*
나는 언제부터인가 풍경을 ‘바라본다’기보다, 그 안으로 스며들고 있었다. 내가 마주하는 것은 외부에 놓인 자연이라기보다, 그 자연 앞에서 끊임없이 흔들리는 나의 내면이었다. 풍경은 더 이상 대상이 아니었고, 감정이 잠시 머물다 가는 하나의 상태, 혹은 의식이 잠정적으로 머무는 장소에 가까워졌다. 이 작업은 세계를 설명하려는 시도가 아니라, 세계와 접촉하는 순간 내 안에서 발생하는 미세한 진동을 붙잡으려는 시도이다.
설명할 수 없는 감정의 잔여, 언어 이전의 감각에서 나는 하나의 질문과 마주했다. 지금 내가 보고 있는 것은 무엇인가. 자연의 형상인가, 아니면 그 형상 위에 겹쳐진 나의 감정인가. 외부 세계와 내부 세계는 과연 분리될 수 있는가, 혹은 이미 처음부터 뒤섞인 상태로 존재하는 것은 아닐까. 이 질문은 명확한 답을 요구하지 않았고, 오히려 나를 한 자리에 머물게 했다.
물은 이러한 의문을 가장 분명하게 드러내는 장소였다. 물은 고정된 형태를 갖지 않으며, 끊임없이 흔들리고, 반사하고, 왜곡한다. 그 표면에 비친 나무와 하늘은 실제이면서 동시에 실제가 아니다. 나는 그 불확실한 경계에 매혹되었다. 물 위의 반영은 세계를 있는 그대로 재현하지 않는다. 대신 세계를 감각하고 해석하는 나의 상태를 고스란히 드러낸다. 그래서 이 작업에서 물은 풍경의 일부이자, 나의 내면을 비추는 거울이며, 의식과 무의식이 스쳐 지나가는 얇은 막과도 같다.
나는 이 이미지들을 통해 어떤 명확한 결론에 도달하려 하지 않는다. 오히려 질문을 유지한 채 그 곁에 머무르기를 선택한다. 내가 풍경을 통해 나를 들여다보고 있는 것인지, 나를 통해 풍경이 생성되고 있는 것인지는 끝내 분리되지 않는다. 그 모호함 속에서만 이 작업은 살아 있다.
다만 분명한 것은, 이 사진들이 세계에 대한 설명이 아니라 하나의 상태라는 점이다. 침잠과 흔들림, 그리고 잠정적인 균형. 그 사이 어딘가에 나는 서 있다. 이 이미지들은 어쩌면 나 자신에 대한 기록일지도 모른다. 그러나 그 기록은 언제나 불완전하며, 완결되기를 거부한다.
나는 여전히 묻고 있다.
이 풍경은 나인가.
그리고 나는 이 풍경 안에서 어디까지 사라질 수 있는가.









